La femme en Lybie


 

La Libye avec à sa tête Mouhammar Kadhafi, a défrayé la chronique durant les années 80 et au début des années 90. Des attentats, une politique controversée, des atteintes aux droits de l’homme, des sanctions internationales témoignaient d’un pays en crise...

Pourtant, lorsque nous nous intéressons de plus près à la politique intérieure pratiquée depuis 1970 et en particulier à l’évolution des droits des femmes, nous ne pouvons qu’être agréablement surpris des efforts qui ont été consentis dans ce domaine. En effet, des lois ont été votées pour réduire l’inégalité des chances entre hommes et femmes face au travail, au rôle familial, aux droits sociaux de base. Elles même ont eu accès au monde politique et l’on compte quelques femmes parmi les membres du Congrès Libyen.

Cette avancée paraît d’autant plus importante que la pratique de la charia reste toujours ancrée dans les comportements sociaux. Même le gouvernement a laissé valoir quelques arguments pour s’opposer à la mise en œuvre de certains droits familiaux et civils à l’égard des femmes. A ce titre, une femme ne peut sortir du pays sans l’autorisation écrite de son mari et la polygamie est encore pratiquée dans certaines conditions. Il y a des lacunes au niveau de la loi en ce qui concerne la protection des femmes contre la violence familiale et le viol. Ainsi, cette violence étant considérée comme faisant partie du domaine privé, les abus sont très rarement rendus public et bon nombre de femmes subissent encore les marques de ce fléau sans avoir recours au tribunal.

Même si l’on a constaté des progrès considérables dans le domaine des soins de santé, le taux de mortalité maternelle reste inquiétant. Certains comportements traditionnels continuent à discriminer les femmes, notamment par la pratique encore courante de la mutilation génitale dans les endroits reculés du pays. A ce titre, nous pouvons remarquer qu’il existe une différence notable entre les femmes vivant dans les villes modernes et les femmes qui appartiennent encore au monde rural. Ces dernières continuent de vivre cloisonnées dans leur rôle de femme soumise. Ainsi, une grande proportion de ces femmes n’ont toujours pas accès à la scolarité et éduquent leurs enfants dans l’ignorance de leurs droits fondamentaux. Le gouvernement semble se désintéresser de leurs cas et n’a pas la volonté farouche de s’occuper en profondeur du problème des droits des femmes à l’échelle du pays tout entier.

Bien que depuis 1970 la femme ait pu s’émanciper et acquérir des droits non négligeables face à la société, la force de la tradition et l’application de certaines valeurs fondamentalistes de l’Islam découragent, encore de nos jours, certaines femmes d’exercer leur rôle dans le monde du travail et dans la vie civile. En fait, le statut des femmes en Libye est à l’image de son président, de ses propres attitudes et de ses prises de position. Il a établi un plan de développement pour inclure les femmes dans la vie sociale de la Libye mais a toujours fortement critiqué le trop haut niveau de liberté des femmes de l’ouest (entendez Europe, Etats-unis...).

La force de la tradition pèse encore lourdement sur les épaules des femmes libyennes, aussi bien dans leur quotidien que dans les rouages des institutions politiques du pays. Si les droits humains, d’une manière générale, ne constituent pas encore une priorité suffisante pour les dirigeants, comment le droit des femmes pourrait-il en être une réellement ?

quelques chiffres

* 19,7 % des femmes de 15 à 24 ans sont illettrées.

* 83,2 % des femmes de 25 ans et plus le sont également.

* Plus de 50 % des étudiants en université urbaine sont des femmes...

Font : http://groups.msn.com/FemmesdAujourdhui/lafemmeenlybie.msnw



28 novembre 2004



 



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