Les femmes doublement victimes de la represión anti-migrants.


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Les femmes doublement victimes de la represión anti-migrants

Depuis le 23 décembre plusieurs centaines de migrants, réfugiés et demandeurs d’asile subsahariens résident au Maroc ont été arrêtés à Rabat, puis Nador et Laayoun et expulsés à la frontière algérienne dans la région d’Oujda (frontière terrestre officiellement fermée entre l’Algérie et le Maroc).

Au total plus de 400 personnes, dont des femmes et des enfants, des handicapés et des malades, ont été refoulées.

250 à 300 d’entre eux sont parvenus à revenir à Oujda et nous sommes à ce jour sans nouvelles de plus d’une centaine d’autres. Mais plusieurs sont arrivés dans un état lamentable, blessés en marchant dans la nuit, affolés par les tirs en l’air de l’armée marocaine pour les obliger à s’enfoncer en territoire algérien.

Plusieurs femmes ont été violées, dont deux qui étaient enceintes. Soldats, policiers, rodeurs ? Marocains, algériens... elles ne savent pas.

Depuis leur arrivée à Oujda, tous les migrants sont dans des conditions des plus précaires, la plupart sont dans la rue et dorment à la belle étoile (les nuits sont froides à Oujda), quelques uns seulement ont pu trouver un toit pour les abriter. Les associations qui sont sur place se débrouillent avec les moyens du bord pour tenter de leur apporter de quoi manger... elles manquent de moyen et la police refuse pour l’instant de laisser les migrants, qu’ils soient réfugiés ou non, avec ou sans papiers, revenir à leur domicile. En attendant les maladies se multiplient et les migrants s’affaiblissent.

Cet après-midi, une jeune congolaise, enceinte de cinq mois, qui avait été violée sur la route, vient de perdre le bébé qu’elle portait. Hospitalisée d’urgence, elle a perdu son bébé à l’hôpital. Depuis son viol, elle était en état de choc et refusait de parler.

Les associations qui interviennent sur le terrain (ABCDS, Homme et environnement, AMDH, CEI, ATTAC,...) ont tiré dès le début la sonnette d’alarme et averti que les conditions inhumaines dans lesquelles les migrants ont été déportés, expulsés et sont maintenant parqués ne pouvaient qu’entraîner de nouveaux drames.

Le premier drame connu (que sont devenus ceux qui ne sont pas revenus ?) est survenu cet après-midi. Prouvant encore une fois que ce sont les femmes qui subissent le plus durement la répression et la discrimination.

Le gouvernement marocain est évidemment responsable de toutes les conséquences sur l’intégrité physique et morale des migrants, de ces expulsions opérées dans des conditions inhumaines sans aucune considération pour les droits des personnes. Mais cette responsabilité incombe aussi à l’Union européenne qui fait de la sous-traitance par les pays d’origine et de transit de la répression anti-migrants l’une des conditionnalités aux accords économiques et de partenariat avec ces pays. Mobilisons-nous rapidement pour empêcher que de nouveaux drames surviennent à Oujda. Rétablissons les migrants dans leur dignité, leur intégrité et leurs droits.

Lucile Daumas

Attac Maroc

2 janvier 2007

Pour envoyer vos protestations :

-  Driss Jettou Premier ministre Fax : +212 37 76 86 56

-  Chakib Benmoussa Ministère de l’Intérieur

Fax : +212 37 76 20 56



20 décembre 2006



 



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