Là bas et ici

Par Nadia Châabane (Association des Tunisiens en France)

 

Les femmes constituent la moitié des migrants internationaux, et même davantage pour certaines nationalités. Les origines et les destinations se diversifient. En France, elle représentent 50,3% de la population migrante aujourd’hui ( sur 4,5 millions de personnes). Nombre de ces femmes émigrent seules, ce qui est une manifestation d’autonomie de leur part même si elles sont poussées par la nécessité. On constate donc, une féminisation et une diversification des migrations.

En France, on est passé d’une migration masculine (années 60/70) à une migration familiale (années 80) notamment pour les maghrébins et les subsahariens, car pour les migrations les plus anciennes (espagnoles, portugaises, italiennes, polonaises,..) il y a toujours eu des femmes.

En grande majorité, les femmes immigrées en France occupent des emplois dans les secteurs des services où il y a une demande croissante. Le transfert d’argent des femmes immigrées vers leur pays d’origine et l’aide qu’elles apportent au développement de leur pays sont très importants ( environ 1/3 des transfert pour les pays du Maghreb). Mais cela est souvent sous estimé et non quantifié. En grande majorité aussi, les femmes migrantes subissent une double discrimination : en tant que migrante mais aussi en tant que femmes. [1]

Mon intervention portera sur deux problématiques :
-  Le rôle des femmes immigrées dans les luttes des femmes dans leur pays d’origine
-  Les combats menés pour élargir le dialogue entre les différentes communautés et lutter contre le fondamentalisme.

I- Le rôle des femmes immigrées dans les luttes des femmes dans leur pays d’origine

1- Emergence et développement des mouvements de femmes immigrées

Cette question est à situer dans sa dimension historique (les trois dernières décennies en France) pour en relever les évolutions, les récurrences et les particularismes,

a) Les années 70 ont vu apparaître les premiers regroupements de femmes dans un contexte particulier, cependant, ces regroupements ont initié des thèmes et des méthodes qui sont fondateurs ( Mouvement de libération des femmes, l’après mai 68 , les indépendances des pays du sud). Les premiers regroupements de femmes [2] étrangères en France ont été constitués principalement par des exilées politiques, des militantes de gauche, des étudiantes ou des jeunes intellectuelles. Très souvent il y avait un lien entre ces groupes et les dynamiques politiques des mouvements de gauche dans leur pays mais aussi le mouvement féministe.

Durant cette période, on constate une relation forte avec les pays (la présence en France n’était pas perçue comme une migration ou un exil définitif, l’engagement des ses femmes s’inscrivait dans l’idée du combat à poursuivre ou à commencer, notamment mais pas seulement pour les droits des femmes). La préoccupation pour la situation faites aux immigrées et aux femmes immigrées n’était pas absente mais elle n’était pas prioritaire ; on se préoccupe avant tout de la condition faite aux femmes dans les pays d’origine. (Les débats et contributions portaient sur les problématiques organisationnelles, l’autonomie des mouvements, la parole des femmes indépendantes des partis et mouvements, les droits des femmes dans les pays, la dénonciation, etc.)

On a vu l’émergence de plusieurs groupes, à titre d’exemple, en région parisienne : un groupe de femmes latino américaines, (entre 1977-1982, ce groupe a mené des actions concernant la situation spécifique des femmes sud américaines, en lien avec la lutte des femmes et la lutte pour le socialisme, le groupe est constitué de femmes de divers pays d’Amérique du sud), une association de femmes marocaines en France (de 1972 à 1978, formée d’étudiantes de l’UNEM [3] et militantes de groupes politiques marocains, elle est réapparue sous le nom de « groupe de femmes marocaines » de 1979-1982). Ce groupe oeuvrait contre la répression au Maroc, pour des changements du code de statut personnel et les droits des femmes au Maroc, pour les luttes nationales dans le monde arabe, pour les droits des femmes immigrées en France et la participation aux luttes des travailleurs immigrés), la coordination des femmes noires, ( 1976-198 ?, une des fondatrices, Awa Thiam, universitaire sénégalaise célèbre pour avoir publié en 1978 un livre intitulé "La parole aux Négresses", était aussi derrière la fondation de la Commission pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles (CAMS) en 1982.

Un groupe de femmes algériennes, apparu en 1977, s’est mobilisé autour de l’avant projet de code la famille en Algérie qui date de 1972. Il regroupait des femmes algériennes et des jeunes filles nées en France de parents algériens. Une partie de ce groupe était derrière la création du collectif de femme maghrébine quelques années plus tard. Ces groupes étaient au croisement des mouvements de femmes et des mouvements politique de gauche.

Il faut attendre les années 80 pour voir l’émergence des thématiques liés plus spécifiquement à l’immigration.

b) les années 80

Ces années furent marquées par un changement dans le contexte politique français avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, l’émergence du mouvement associatif immigré à la faveur de cette nouvelle donne, (réforme de la loi 1901 relative aux associations) la dissémination des idées féministes, l’apparition des mouvement de la jeunesse issue de l’immigration (marches pour l’égalité dite marche des Beurs), la féminisation de l’immigration maghrébine et subsaharienne (surtout par regroupement familial), l’immigration est devenue d’installation, durable et/ou définitive. Ces années là furent aussi marquées par des grandes restructurations industrielles et des centaines de milliers d’emplois masculins traditionnels supprimés (automobile, sidérurgie...) où beaucoup de travailleurs migrants étaient employés.

Dans ce contexte, et en lien direct, des problématiques nouvelles sont devenues prioritaires : Place dans la société pour les femmes migrantes, l’égalité des droits français/immigrés, le racisme, les droits des femmes et les moyens d’accès à l’autonomie.

Autour de ces nouvelles priorités il y a eu un grand essor des groupes et associations de femmes en lien avec l’immigration. Ces groupes de femmes posent les questions de l’identité, la relation à la famille, les modes de vie, la place dans la cité.... Elles s’engagent sur le terrain des luttes contre le racisme et les violences (Collectif des mères d’enfants victimes de crimes racistes, les Nanas Beurs, Femmes sans Frontières, Nahda,...). les problématiques de l’exil politique et du double combat ailleurs et ici, la solidarité internationale sont toujours présentes surtout dans certaines grandes villes, et l’histoire des groupes est liée à la conjoncture internationale (année 80 : groupe de femmes iraniennes, années 90 : groupes de femmes algériennes et de solidarité avec les algériennes ( à Paris, Marseille, Toulouse, FCI [4] à Lyon..). Ces groupes sont multiples et variés et leur émergence est lié à la conjoncture politique nationale et internationale.

c) les années 1990

Dans les années 1990, Les objectifs et l’échelle d’action des groupes et associations de femmes sont variés : solidarité avec le pays , lutte pour droits des femmes, relations avec les mouvements de femmes qui existent dans ces pays, aide à des projets sociaux ou économiques (développement solidaire). Le phénomène est très lié au parcours des militantes elles mêmes. Certaines de ces militantes étaient venues étudier en France et elles sont rentrées dans leur pays. elles ont continué là bas. D’autres ont fui les pays car persécutées et ont continué en France. Et chaque militante a investit le terrain qu’elle connaît le mieux ( politique pour les unes, syndicalistes pour les autres..). A titre d’exemple, des militantes algériennes connues en France dans les années 70, ont été à l’origine de la création de certaines associations de femmes en Algérie dans les années 80 et certaines d’entre elles sont revenues en France dans les années 90 et continuent. Pour elles, il y a une forme de continuité et une constance. Ici ou là bas, un seul objectif : l’abrogation du code de la famille. Certaines se sont investies dans l’immigration et dans les mouvements féministes en France, il s’agit bien pour elles d’une même et seule cause. Le droit des femmes et l’égalité.

2- Comment s’est exprimée la solidarité avec les femmes dans les pays ?

Avec les pays d’origine, la solidarité a pris des formes diverses et si pour les pays du Maghreb, la solidarité s’est d’abord exprimée sur le plan de la lutte politique (entre autre parce qu’il y avait une tradition organisationnelle et l’émergence de groupement de femmes en lutte dans ces pays), pour l’Afrique, on a vu plus de projet visant le développement et l’autonomie des femmes ( financement de micro projets économiques, amélioration du quotidien des femmes dans les villages). Ces approches différentes s’expliquent par des données objectives

Ne pouvant aborder la totalité des expériences vécues en France, je vais prendre un exemple que beaucoup parmi vous connaissent, celui du collectif 20 ans barakat Ile de France.

En mars 2003 et à l’approche des 20 ans du code de la famille algérien ( 18 juin 2004), un collectif 20 ans barakat ( 20 ans ça suffit) s’est constitué en Algérie. Ce collectif voulait faire une campagne afin dénoncer le code de la famille et de demander son abrogation. Avec cette initiative, un collectif de solidarité a vu le jour en Région parisienne en juillet 2003. Il s’est fixé comme objectif de relayer la campagne en Algérie et de la soutenir par des actions de lobbying. Cette campagne a misé sur la médiatisation de la cause des femmes algériennes. Autour de deux slogans : abrogation du code de la famille algérien et promulgation de loi égalitaire et dénonciation des convention bilatérale franco algérienne qui permettent l’application du code de la famille en France dans certains cas. La campagne a pris la forme d’actions de sensibilisation pour rallier le maximum de groupes à la cause et l’occupation de l’espace médiatique en multipliant les initiatives.

Sous quelle forme s’est exprimée cette campagne et par quels moyens ?

Le collectif 20 ans barakat en île de France ( composée de différents types d’associations : associations de femmes algériennes, association de l’immigration mixtes (Association de Culture Berbère, Association des Tunisiens en France..) associations de solidarités féministes (le RAJFIRE (Réseau pour l’Autonomie des Femmes Immigrées et Réfugiées ), le MFPF (Mouvement Français pour le Planning Familiale ) etc.). le collectif lui même a intégré des collectifs nationaux tel que le Collectif National pour le Droit des Femmes [5].

Le collectif 20 ans barakat se retrouve donc au croisement du mouvements féministes, des mouvements de l’immigration et aussi des mouvements sociaux. Il est aussi la continuité d’autres expériences inter associatives ( coordination 8 mars pour les algériennes, la commission toutes ensembles du CNDF qui s’est constituée lors de la marche mondiale des femmes de 2000, le collectif femmes Unies du Maghreb, etc.

Un des objectifs que s’est fixé le collectif 20 ans barakat, était de rallier des mouvements et des structures à sa cause et permettre une prise en charge plus collective. Plusieurs structures jusque là n’étaient pas réellement concernées dans ces actions par les droits femmes algériennes se sont investies et ont contribué à l’organisation des différentes manifestations et actions. Certains ont même pris en charge les revendications du collectif pour les intégrer dans leur propres chartes et plate forme de revendications. On passe donc d’un élan de solidarité à quelques choses de plus important. Les droits des femmes algériennes concernent tout le monde. Ce n’est plus simplement une affaire algéro-algérienne.

Comment s’est construite la campagne elle même :

-  par la production d’un CD [6] et d’un Clip par l’association 20 ans barakat à Dijon en 2003. Ces deux supports ont été un des éléments moteurs dans la campagne de sensibilisation et dans la médiatisation. le clip a été diffusé sur plusieurs télé (en France, en Espagne, en Allemagne, en Suisse, en Algérie, ..) et plusieurs radios nationales ont passé le CD ( RTL, France Culture, RFI, Radio Bleu, Radio Orient, France inter pour la France, La Radio Nationale de l’Allemagne (Deutschlandfunk), Radio de la Rhénano-Ouestfalie du Nord ainsi que des radios régionales (radio Cité à Genève et JM Felix sur Radio Suisse Romande 2, à Nantes, à Toulouse, à Dijon, à Marseille, à Paris sur Beur FM, Radio Fréquence plurielle, radio Libertaire, radio méditerranée, etc. Il continué a passer de temps en temps sur plusieurs radios. Le clip a été diffusé par Beur TV pendant plus d’un an tous les jours.

-  par le parrainage de personnalités connues et qui ont donné de leurs temps pour soutenir la campagne :Gisèle Halimi, Sapho , Nadia Kaci, Mohamed Harbi, Amina benguigui, Djura, etc.

-  par l’organisation d’actions visant la diversification des publics : débats et projections de films dans les quartiers, concerts de solidarité sur Paris, co-organisation d’action avec d’autres structures, des rencontres avec des syndicats et des partis politiques, ..

-  par la mise en place d’un site et le lancement d’une pétition qui a permis de recueillir des milliers de signatures d’algériens dans le monde entiers et de non algériens aussi.

Le site a permis de prendre des contacts avec la presse internationale et avec des mouvements de femmes dans d’autres pays d’Europe. Il a permis d’élargir la campagne à d’autres structures et l’organisation d’événements simultanés sur plusieurs villes.

Nous avons organisé à Paris un rassemblement devant l’ambassade algérienne et nous avons remis une lettre au président en mai 2004. L’information autour de l’action a commencé au mois de mars et des personnes habitants dans d’autres villes ont eu l’envie de faire la même chose le même jour. Du coup cette action parisienne au départ, a eu lieu sur Nantes, sur Marseille et au Canada dans l’Ontario où un groupe d’étudiants algériens a remis la même lettre au consulat algérien. Le groupe de Marseille et celui du Canada ont vu le jour d’une manière autonome, le contact a été établi grâce au site et un échange de mail a permis la coordination.

Le site qui a eu une répercussion importante :

-  la fréquentation : entre décembre 2004 et juin 2005 plus de 2200 visiteurs par mois

-  la pétition, des milliers de signataires des 5 continents avec une mobilisation très importante d’algériens au Canada, au Etats Unis, ...

-  le cinéaste Nadir Moknèche, que je voudrais remercier à cette occasion, a passé le clip de la campagne avant la projection de son film « VIVA LADJÉRIE » dans toutes les salles où le film était programmé, et à chaque fois, qu’il a pu , il a organisé un débat après, ....

-  Dans la presse française : une dizaine d’articles pour le seul mois de juin 2004 dans les grands titres nationaux : le monde (2 articles), libération, l’humanité, Elle, .. Rien que pour la région parisienne, il y a eu une quinzaine d’émissions radio sur le mois de mars 2004 et autant sur le mois de juin (des radios nationales telles que RFI, radio fréquence plurielle, France culture), mais aussi des radios libres,

-  Pour le seul mois de mars 2004, nous avons organisé et participé à : 12 actions (débats, projections, colloques, ..) sur Paris seulement et plusieurs autres actions sur Dijon, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Nantes, etc.

Grâce au travail de médiatisation qui a eu lieu et aussi au site nous avons pu organiser des solidarités ailleurs qu’en France : en Allemagne, en Italie, en Belgique, au Canada, ..

Cet aspect de la solidarité internationale dans les luttes des femmes migrantes en France ne s’est pas limité à des actions menées en soutien aux femmes dans les pays du sud.

II Combats menés pour élargir le dialogue entre les différentes communautés et lutter contre le fondamentalisme.

En France, dans l’immigration, une dynamique interculturelle s’est affirmée à partir des années 90 dans des actions en France et à l’échelle internationale.

Nous avons ainsi observé l’émergence de groupes (groupes femmes de la méditerranée, Forum femmes méditerranée, etc.) à l’échelle nationale et locale (’"sans frontières " d’ici ou d’ailleurs" "de tous pays", Femmes actives, Femmes dans la cité, comité d’action inter associatif « droits des femmes, droits au séjour » contre la double violence », etc.). Beaucoup de ces groupes ont mis en place des dynamiques collectives pour combattre ensemble et pour élargir le dialogue entre les différentes communautés et lutter contre le fondamentalisme.

Là aussi le contexte national et international a placé les femmes migrantes face à des priorités « nouvelles » pour certaines, plus récurrentes pour d’autres mais qui prennent des formes plus urgentes.

Je vais me contenter dans cet exposé de citer deux types expériences qui me semblent parlantes. Le premier type d’expérience : des structures décident de se regrouper au sein d’un collectif afin de se donner les moyens de rendre visibles les actions de lutte et de solidarité avec les femmes victimes de violences, exilées, précaires et sans papiers.

Le durcissement des législations sur l’immigration tant en France qu’en Europe frappe encore plus durement les femmes qui sont de plus en plus nombreuses à fuir leurs pays (pression intégristes, conflits armés, lois inégalitaires et sexistes, familles traditionalistes, pauvreté ..) [7]

-  « Le comité d’action inter associatif « droits des femmes, droits au séjour » contre le double violence » regroupe des associations féministes, des associations de l’immigration et des associations de solidarité. RAJFIRE, ACORT (Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie en France), LFID (Ligue des femmes iranienne pour la démocratie ), CIMADE (Service œcuménique d’entraide ), la FNSF (Fédération Nationale Solidarité Femmes ) ... Ce comité s’est attaqué aux questions liés aux séjour pour les femmes victimes de violence ( étatique, familiale, sexiste, ..) et il a mis en place différentes actions de sensibilisation qui s’adressent aussi bien au pouvoir public qu’aux associations et aux acteurs. L’objectif tant d’intégrer la dimension genre dans l’étude des dossiers et de prendre en compte le violences spécifiques faites aux femmes.

-  un second collectif s’est attaqué aux questions liées au mariage forcé et à d’autres types de violences (polygamie, mutilation sexuelle, viol, ..) et à la prise en charge de cette problématique : Ce phénomène qui n’est pas nouveau tend à prendre des dimensions alarmantes et en sont victimes des femmes d’origine maghrébine, turque et subsaharienne (à la faveur là aussi de la pression intégriste et du repli identitaire de nombreuses familles vivant en pays d’immigration, les causes et expressions en sont nombreuses..) expliquer oralement.

Là nous avons des associations féministes et des associations de l’immigration qui se sont regroupées afin de mutualiser leurs efforts et de rendre plus efficaces leurs intervention. Le collectif « Agir avec elles » regroupe des associations de femmes algériennes, françaises, turques et africaines l’ASFAD (Association de solidarité avec les femmes algérienne démocratique ), ELELE (Association ELELE-Migration et culture de Turquie ), GAMS (groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles ), AFAVO (Association des femmes africaines du Val d’Oise ), CAMS(Commission pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles ) et Voix de femmes [8]. Ce collectif a choisi d’intervenir auprès des publics scolaires et des pouvoirs publics afin de mener des campagnes de sensibilisation et de prévention, en plus de la prise en charge et de l’accompagnement des victimes.

Le deuxième type d’expérience s’inscrit dans une démarche d’échange avec les pays du sud. Il s’agit de l’expérience menée par FCI ( femmes contre les intégrismes) à Lyon qui s’est inspirée, de l’expérience de la Caravane des droits qui sillonne chaque année différentes régions du Maroc depuis 2001 sous l’égide de la Ligue démocratique des droits des femmes (LDDF) pour impulser un dynamique similaire sur la région Rhône-Alpes en 2004. Cette expérience va se renouveler en 2006, avec d’autres associations et dans plusieurs régions de France. (L’association FCI se bat depuis 1995 pour le respect du principe d’égalité de droit et de traitement entre les femmes et les hommes en France et au Maghreb. Elle dénonce tout particulièrement l’application, des deux côtés de la Méditerranée, des codes de statut personnel ainsi que les dangers du relativisme culturel.)

Une fois n’est pas coutume, les échanges sont dans le sens Sud-Nord. : sur le thème général "laïcité et égalité entre femmes et hommes". La caravane initiée pour l’égalité entre femmes et hommes et contre les intégrismes en 2004 a permis de créer une dynamique entre des associations du sud et des associations française, de mutualiser les compétences des femmes et de prendre conscience de la nécessité de s’inscrire dans un échange permanent. Echange d’expérience mais aussi échange de compétences et de savoir faire pour lutter ensemble contre toutes les entraves à l’égalité et contre le fondamentalisme.

De ce rapide exposé de quelques aspects significatifs et non exclusifs du dynamisme des femmes migrantes en France on s’aperçoit qu’en dépit des difficultés multiples et variées et en dépit de l’ignorance de cet apport souvent passé sous silence les femmes de l’immigration en France ont toujours été battantes et ont pris à leur propre compte la bataille pour l’égalité les droits, la dignité et l’autonomie.

L’association des Tunisiens en France a initié un projet [9] depuis 2001 qui vise à faire connaître les mouvements de femmes de l’immigration en France, à valoriser leurs contributions et aussi à lutter contre les préjugés et les représentations dont elles sont souvent victimes. L’objectif étant de contribuer à restituer l’histoire des mouvements de femmes de l’immigration en tant qu’acteurs dans les champs politique, social, culturel, économique. Il s’agit de favoriser un travail de mémoire, de préservation et de mise en valeur des archives produites par ces mouvements.



3 octobre 2005


[1] Lorsqu’on parle de femmes immigrées en France, on met derrière ces termes plusieurs réalités : femmes étrangère ayant immigré en France, femmes françaises nées de parents immigrés et sont perçues comme telles. Dans les associations de femmes de l’immigration on rencontre ces deux catégories.

[2] Le mot regroupement recouvre plusieurs réalités : groupe femmes, "collectif", "mouvement", "coordination",..

[3] l’union nationale des étudiants marocains

[4] Femmes contre les Intégrismes

[5] le CNDF est composé de plus de 140 structures (associations féministes, partis, syndicats, associations mixtes, etc.)

[6] ont participé à ce CD et ce clip les artistes suivantes : Aicha Lebgaa, Amira, Anne Flore Batchiellilys, Barbara Luna, Biyouna, Djura, Faraka, Fettouma Ousliha, Hasna El Becharia, Israhn, Kamila Adli, Keltoum el Aurassia, Miana, Malia, Mamia Cherif, Nadia Tachaouit, Rabia Asloum, Sam, Samia Diar, Souad Aslaoui, Souad Belhaddad, Zahra N’Soumer, Zohra Bendaoud, Zora. Akli D., Abdelaziz Yousfi, Mourad Inasliyen, Amirouche Inasliyen

[7] 70% des pauvres dans le monde sont des femmes

[8] Association de femmes de quartier , elle est implantée à Cergy, dans le département du Val d’Oise (région parisienne)

[9] Association des Tunisiens en France , « Traces, Mémoires, Histoire des mouvements de femmes de l’immigration en France depuis 1970 »





Forum

  • > Là bas et ici
    26 décembre 2005, par Carol Mann

    J’ai trouvé votre article très interessant. Aussi, je vous adresse une demande Je réalise une recherche sur ce que les Anglo-Saxons appellent ’Diaspora philanthropy’,, c’est à dire les actions d’aide entreprises par les communautés migrantes en direction de leur pays d’origine, en particulier les projets lancés par des femmes et des associations de femmes vivant actuellement en France. Un nombre de ces femmes sont actives, engagées et ont envie de participer voire d’initier des changements dans leurs pays d’origine et dans leur communauté. Leurs efforts ne sont pas suffisamment reconnus.

    Si vous connaissez des personnes qui accepteraient de parler de leur expérience, pourriez vous m’envoyer leurs coordonnées et leur donner mon mail. La recherche est large est comprend autant des femmes cherchant à construire des écoles ou centres de santé dans leur pays d’origine que des réfugiées politiques cherchant à améliorer le statut des femmes chez elles.

    Ce projet a été initié par une organisation féministe hollandaise qui finance des projets créés par des femmes ; elle a commandé une étude à différents chercheurs et je suis responsable pour la partie française. Nous cherchons à determiner comment fonctionnent les projets initiés par les femmes immigrées en direction de leurs pays d’origine.

    nous cherchons à savoir,en gros :
    -  la nature des projets
    -  les raisons d’un engagement
    -  les motivations au pays ainsi que celles en France
    -  Qui en sont les bénéficiaires, les femmes qui participent
    -  leur organisation en France et au pays
    -  les obstacles et problèmes rencontrés
    -  l’impact sur les autres
    -  l’impact sur soi-même

    Le rapport sert à reconnaître d’abord que les femmes immigrées sont actives, engagées et ont envie de participer voire d’initier des changements dans leurs pays d’origine et dans leur communauté. Il faut donc sortir des stéréotypes de passivité. En donnant des exemples en décrivant les différents processus, nous reconnaissons leurs efforts. Ensuite, l’existence d’un tel rapport pourra crédibiliser en lieu officiel leurs efforts devant d’éventuels sponsors et bailleurs de fonds.

    Je vous serai très reconnaissante si vous pouviez me trouver des contacts. En retour, je pourrais certainement contribuer à toute recherche qu’entreprendrait votre association recherche du point de vue de la méthode et de l’analyse. Notre travail est en tout point lié

    Pour que le monde prenne au sérieux des initatives de femmes, il faut que les groupes qui s’y intéressent de près travaillent ensemble !

    amicalement carol mann
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